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CRAC Séte

« Ligne Externe »

Le travail vidéo que Paule Combey et Patrik Pion développent depuis plusieurs années répond à un protocole invariable d’articulation ou plutôt de télescopage entre deux types d’images. Les premières consistent dans le prélèvement d’un instant (d’un détail) sur l’action d’un personnage. Les secondes sont constiuées de brèves séquences issues d’environnements variés. Elles sont parfois extraites de films qui appartiennent à l’histoire mondiale du cinéma et d’autres fois filmées par les artistes eux-mêmes à partir de leur environnement quotidien. De cette mise en tension – vitesse, répétition, vibration, etc – accentuée et redoublée par la stridence du montage sonore qui accompagne les images, résulte un effet d’hypertension ou d’intensité lui-même corrélé à ce que les artistes nomment un affect . Ce qui compte c’est l’émergence de ces affects depuis cette collusion entre deux genres d’images, elle-même démultipliée par la mise en relation et la juxtaposition dans l’espace de plusieurs séquences d’images et par l’échelle architecturale des lieux où elles sont projetées. La construction sensible de ces affects multiples, directement liés aux impressions sensibles, aux rythmes, aux libres associations véhiculées par les images, se veut sans relation directe avec un contenu représentatif clairement identifiable. Ces “affects” au coeur de l’investigation esthétique à laquelle Paule Combey et Patrick Pion cherchent à donner une résonance, un fondement et une incarnation particulière, acquièrent chez eux le statut d’un véritable concept qui fonctionne comme une alternative, dans l’ordre de la révélation de ce qui peut être reconnu comme le coeur subjectif du sujet, à l’inconscient et à sa théorie.

Texte de Jean-Christophe ROYOUX, mai 2010

Photo © Marc Domage

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